Anamnesis

22 mai 2017

Alors Angellyca, qu'est-ce que tu fais ?

La question m'a été posée par quelqu'un de tout à fait charmant. Un monsieur croisé sur la toile Twitterienne, malgré moi. 

Pour ceux qui me suivent un peu partout, mes convictions sont faciles à voir. Je déteste les homophobes, les racistes, et tous ceux qui s'agitent contre les droits de tout être vivant. Et ça me vaut toujours quelques petites sympathies plus ou moins déclarées.

Souvent moins que plus. Bah attends, on va pas faire preuve de franchise non plus. Déjà qu'on est complètement con, alors si en plus ça finit par se voir.... Non, restons dans l'ombre. Entre cons.

Mais celui là, ma foi, a décidé de prendre l'air et de s'afficher en public. Téméraire. Le con.

Ça ne passera jamais entre ceux là et moi. Ces gens capables de tant de pauvreté d'esprit crasse, d'allergiques à l'intelligence, la réflexion et à la culture.

Cyril hanouna. Ce gigantesque guignol décérébré, qui met beaucoup d'énergie a se faire passer pour un être pourvu de la plus grande ouverture d'esprit possible, et qui pourtant, n'hésite pas à faire un gag homophobe, avec la plus grande fierté. Cet homme qui se complet dans la connerie pure, lui et la fine équipe qu'il dirige, Malagré la rebelle en carton en tête de gondole. Je conchie cette émission. Qu'on la vire, bordel.

Je suis usée de cette mise en avant du médiocre, de ce nivellement par le bas. La glorification de ces icônes du vide. La culture a de moins en moins de place dans nos divers médias. On laisse place a des Hanouna, qui sous couvert d'humour ou de pseudo objectivité, dirige une émission, dont le concept écoeurant, est de juger les autres, et n'hésitant pas à massacrer ce qui ne leur plaît pas. Certains, eux surtout, parlent de liberté d'expression, moi j'appelle ça être une bande de connards qui n'assument rien, et surtout pas d'en être. 

Lorsque j'ai clairement exprimé mon amour incommensurable pour ce Cher Hanouna, un Twittos, grand défenseur de la liberté d'expression et surtout si elle tape sur les pédés, m'a dit "Et toi, que fais-tu d'intelligent dans ta vie ?"

Bah oui alors ! Angellyca ! Quoi que tu fais toua ??? Je vais donc répondre à cette charmante question, qui insinue déjà que je suis une connasse alors qu'on ne sait strictement rien de moi. C'est pas faux. Mais c'est pas dit dans le bon sens. Tu y étais presque mon Lapinou !

Je commence par ne jamais répondre ce genre de connerie quand je parle à quelqu'un. Parce que je ne sais pas qui j'ai en face de moi. Je n'encourage jamais l'homophobie et ne défends jamais quiconque en manifeste le moindre signe. 
On peut penser que je suis une conne allergique au second degré, je suis surtout allergique au fait de se servir de la liberté d'expression comme d'une couverture confortable, permettant de se comporter comme un connard sans avoir à le reconnaître et à s'en excuser. Je suis allergique à cette liberté d'expression de merde, qui est une claire atteinte à la liberté, aux droit, à la vie des autres. Porter atteinte n'est pas de l'humour. Point final.

Je travaille dans l'ésotérisme, en tant que médium - tarologue. Je tire les cartes, aide avec les esprits, toussa. J'ai choisi de faire de l'éso, qui est une passion, mon métier. J'ai beau gagner de l'argent, mon travail consiste purement et simplement à aider les autres, y compris bénévolement.
Et me faites pas chier sur "ouaiiiis mais l'argent c'est maaaal, un don ça se fait pas payay", non parce que j'aurais pas la patience, je vous le dit tout de suite. Le cerveau c'est fait pour être utilisé (non, le coup des 10% c'est tout du faux alors t'arrêtes avec ça aussi hein), alors on arrête de véhiculer des panneaux FB new age à la con dont le niveau de réflexion ne dépasse pas le caniveau, et on pousse sur les neurones un peu, vous verrez qu'on arrive à un truc pas trop dégueu.
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Je suis active dans la protection animale, aussi. Végétarienne très proche du veganisme, écolo, toussa. 

Je ne suis pas meilleure que les autres. Je fais ce que je peux à mon petit niveau pour changer des choses que je ne considère pas comme normales. Je ne nuis jamais à qui que se soit. Pour que je te tombe dessus, c'est que tu te seras mal comporté, c'est tout.
C'est pour cette raison que, lorsque je défends des gens et leurs droits, peu importe ce qu'ils sont, je supporte très mal qu'on vienne m'apostropher, prétendre d'emblée que je suis une connasse qui ne fout rien d'intelligent de sa vie, surtout quand la source de cette réflexion à la con n'est rien d'autre qu'un soutient clair à une homophobie et une connerie sans égal. 

Je le dis et le maintiens, que ça plaise ou pas je m'en fous complètement, Hanouna n'a rien d'autre qu'un verre d'eau chaude entre les oreilles, il ne sert à rien mise à par à nuire et ne mérite rien de ce qu'il a obtenu, continue d'obtenir.
Je conchie toute personne portant atteinte aux droits des homosexuels, des noirs et des arabes, des gens malades, d'handicapés, des femmes, des gros et des pas gros, de tous ceux qui sont pas assez bien à tes yeux de toute façon. 

Voilà. C'est ça que je fais de ma vie.

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13 mai 2017

La Chirurgie Esthétique.

Comme par le passé. Mon café, sans les clopes, qui ne font plus parties de ma vie depuis 5 ans maintenant. J'ai fini par y arriver. Être là, devant ma fenêtre sur le monde comme je l'appelle depuis toujours, à écrire ces articles qui ont fait d'Anamnesis ce qu'il est. Anamnesis, source incommensurable d'amour et de bonheur que tu es pour moi.

J'avais écrit sur ce sujet il y a quelques années, ici même. En fouillant, vous devriez le retrouver, si le coeur vous en dit. J'avoue ne pas l'avoir relu, avant d'écrire celui-ci. Peu importe ce que j'ai dis il y a quelques années, bien que dans mes souvenirs je sois dans la même lignée qu'aujourd'hui. Et pour ceux qui me suivent depuis longtemps, vous savez que si conneries j'y raconte, je ne les effacerait pas. Non pas par bêtise ou mauvaise foi quelconque, mais parce que j'assume mes faux pas et préfère les affronter, en discuter, mettre en valeur une évolution, plutôt que de tout effacer pour donner une image lisse et parfaite. Ce que je ne serai jamais.

A l'origine de l'article passé, une émission montrant l'admiration dévorante d'une femme pour Pamela Anderson, et voulant lui ressembler, à un point tel qu'elle même, finissait par disparaître derrière les opérations de chirurgie plastique toutes aussi fréquentes et aberrantes les unes que les autres, sous les yeux d'un compagnon incapable de la raisonner. Je n'avais pas compris, à l'époque, pourquoi personne n'aidait cette femme à s'aimer elle même, plutôt que de la transformer en une autre.

J'ai le même problème aujourd'hui face à cette espèce de glorification du factice. Du plastique. Du gommage. Je trouve que ça s'aggrave même dangereusement.
Ma position n'est pas, et n'a jamais été de me moquer. Voir cette femme, toutes les autres, et même des hommes, se transformer à ce point ne m'a jamais fait rire. Je ne peux pas rire, alors que tout ce que je vois au final, c'est une atroce détresse émotionnelle. Une haine de soi tellement gigantesque que s'en est alarmant. Vouloir s'effacer, au profit d'inconnu qu'on estime être meilleur que soi, même si on ne sait rien de lui ou d'elle, au final. Disparaître. Ne plus exister. Même un inconnu vaut mieux que soi.

La mode. Ce gigantesque concept infâme, qui vous dicte votre conduite. Fait de nous des êtres identiques, se fondant dans la masse, masquant tout trait de caractère véritable. Soit beau et ne pense pas. C'est gênant quelqu'un qui pense. Surtout quand il pense bien.
Encourager cette non évolution de l'être, avec des émissions dirigées par une gourde incapable de la moindre intelligence. Encouragé par ces magasines féminins blindés de stupidité crasse et d'illogisme, dépourvus d'humanité réelle. Justes bons à entretenir un feu de cheminée. Les chaines Youtube de maquilleuses qui se multiplient, qui ne sont guère mieux que ces magasines féminins. Maquillage qui fait de vous quelqu'un d'autre. Ils n'ont pas pour but d'embellir, de mettre en valeurs vos traits, ce qui est le but réel du maquillage, mais pour les changer. La chirurgie du jour, qu'on enlève le soir.
L'homme et la femme. Beaux, minces, refaits, maquillés à outrance, retouchés. Se ressemblant tous. Pas d'humains. Des choses.

Des chirurgiens. Ne pas dire à une femme qui veut ressembler à Pamela "vous avez besoin d'aide pour apprendre à vous aimer parce que vous le méritez, pas d'une chirurgie". Parfois, il s'agit juste de vouloir aider et de ne pas réfléchir. Et parfois, il s'agit de ne pas laisser l'argent à sa simple place de moyen d'échange, et en faire un Dieu absolu, gérant sa vie. Un putain d'esclave.

Je comprends qu'un être puisse être mal avec son corps. Je comprends qu'une femme puisse se sentir mal avec une poitrine trop petite, par exemple. La poitrine, symbole de féminité, partie intégrante d'une femme. Et malheureusement, ce point a été tellement mis en avant par des crétins sans cervelle qui ont réduit la femme à ses nibards, et même à ce qui se trouve un peu plus bas, qu'aujourd'hui, une femme avec une petite poitrine, n'en est limite pas une. Oui. Que cet aspect du corps (et d'autres) pose problème, je le comprends, tenant compte de notre société aux concepts grotesques et aberrants, enfoncés dans les têtes à coups de magasines nauséabonds et de télé poubelle.
Je comprends qu'on opère pour aider une femme à se sentir mieux, parce que son mal être est trop douloureux, insurmontable. Ça arrive, et on ne peut évidemment pas laisser ces femmes s'enfoncer dans la dépression la plus noire, juste parce que nous, on pense différemment, ou pense avoir compris quelque chose, c'est intolérable.
Et qu'au final, qu'on comprenne ou pas, soit d'accord ou pas : Ton corps, tes choix. Il faut aider. Mais sans brutalité. La brutalité gratuite ne marche pas. Elle fait juste mal. Il faut respecter le choix final, parce qu'on ne peut pas outrepasser nos droits. Et ceux ci s'arrêtent là où commencent ceux des autres.

Ce qui me fait horreur, c'est que rien ne soit tenté pour, en priorité, aider ces femmes et ces hommes à éventuellement accepter leurs corps tel qu'il est. Parce qu'il est possible que certains puissent parvenir à s'aimer. Pourquoi on les laisse se massacrer, alors qu'on peut les aider à être heureux pour de vrai. Il ne s'agit pas de forcer. Il s'agit d'essayer. De donner une chance à l'acceptation et l'amour véritable de soi.
Ce qui me fait horreur, c'est qu'on explique pas à ces femmes que si un homme à la bonne idée de lui dire que sa poitrine est trop petite et que ça lui pose problème, il mérite juste d'être largué, rien d'autre. Qu'on explique pas à un homme que si une femme n'aime pas son corps, qu'elle se barre, tout simplement.
Une personne qui vous aime, ne vous demandera pas de changer. Une personne qui ne vous accepte pas, vous demande de changer, ne vous aime tout simplement pas, c'est l'évidence même, aussi douloureux à accepter que ce soit. Qu'il ou elle trouve donc ailleurs ce qui lui correspond, au lieu de faire de vous ce que vous n'êtes pas. C'est égoïste, écoeurant. L'être humain n'est pas un jouet. Il n'est pas une pâte à modeler qu'on peut manipuler à sa guide.

Lorsqu'une personne multiplie les opérations de chirurgie, il ne s'agit plus de réparer quelque chose, d'aller mieux et d'en rester là. Il ne s'agit pas d'une réparation. Il ne s'agit pas d'idéal à atteindre. Il s'agit de disparaître. Soit au profit de quelqu'un qu'on estime meilleur que soit et qui ne l'est pourtant pas, soit au profit d'un pseudo idéal qu'on s'est mis dans le crâne parce qu'on se conchie de façon véritable.
Cette multiplication d'opérations chirurgicales démontrent que ces gens ne vont jamais mieux. Ce n'est pas de chirurgie dont ces gens ont besoin, c'est d'une thérapie. Ce n'est pas dans leurs corps que ça ne va pas, c'est dans leurs têtes. On pourra les opérer autant qu'ils veulent, ils ne seront jamais satisfaits, puisqu'ils ne s'aiment pas. Même si ils pensent, véhiculent le contraire. Quand on s'aime, on ressent pas le besoin de se changer. C'est juste logique.
Je trouve terriblement grave, que des médecins laissent ces gens s'enfoncer dans cet auto massacre, pire, y participent. A mes yeux, ils sont tout simplement des criminels. Ils ne devraient pas avoir le droit d'exercer. Ils sont dangereux.

Il faut expliquer à ces gens qu'ils méritent de s'aimer. Qu'ils méritent d'être aimés, pour ce qu'ils sont. Que personne n'a le droit de faire des commentaires sur leurs physiques. Que personne n'a le droit de valider ou d'invalider leurs corps. Que la mode n'est qu'une gigantesque marre de merde dirigée par une bande de cons, qu'il faut boycotter. Que ces concepts de beauté ne sont rien d'autre que de la crétinerie dépourvue de sens. Qu'ils ont juste le droit d'exister. Tels qu'ils sont. Sans plaire. De conchier les atrophiés du bulbe incapables de le comprendre.

Bordel, vive ton corps et ton esprit. Sois Libre.

Je vois l'être humain comme un livre. On a pas tous la même couverture, ni la même 4ème de couverture. Ni la même histoire dedans. Il y a des fautes, dedans. Des ratures. Des pages arrachées, avec ce petit reste de papier au centre qui fait qu'on ne peut pas oublier nos origines, le pourquoi de nos faux pas. Il y a notre parcours. Nos accidents, nos maladies, nos cicatrices. Mais c'est nos livres. Il sont comme ça, c'est tout. Il faut arrêter cette course stupide à la perfection qui n'existera jamais que dans la tête d'imbéciles, incapables, au final, d'accepter leur propre livre.
Nos corps sont les couvertures. On peut et doit travailler à faire ce qu'on veut qu'ils soient pour être bien dedans, mais pas en fonction des autres. Pas en fonction de dictât d'une stupidité révoltante. Il y a tout à refaire dans cette société grotesque. Il y a tout à ré-expliquer. Rien ne va. Tout est banalisé, même le fait de dire qu'une personne doit faire de la chirurgie parce qu'un con qui sort d'on ne sait où, va décider qu'elle est moche. C'est validé. Admis. On peut dire ça. Alors que ça dépasse pourtant l'entendement.
Tout ça à atteint un tel niveau, qu'on fini par dire "je comprends qu'une personne se fasse opérer". Qu'on le pense, parce que cette réalité en carton nous y oblige. Parce qu'on a engendré des mal-être irréversibles. Qu'on a été trop loin pour réparer les dégâts. Qu'à moins d'un changement massif dans les comportements, on sera toujours obligé de dire "je comprends qu'une personne se fasse opérer". Non seulement de le dire, mais de le penser vraiment, parce que la détresse est trop grave pour être minimisée, et qu'on ne peut pas imposer nos décisions concernant un corps. Parce que ça ferait de nous un être qui fait exactement la même chose que les autres. Et que ça te fous la gerbe. Oui, je parle de moi.

Je pense de cette manière, parce que je ne peux pas m'empêcher de me dire : Si la société n'était pas telle qu'elle est, y aurait-il des mal-êtres si violents envers les corps, ses problèmes de non acceptation de soi ? La petite humaine que je suis se dit que si on acceptait les gens, si on les laissaient être libres, si la liberté existait vraiment, si tout le monde s'en foutait pour de vrai parce qu'il serait compris que c'est normal d'être différents, personne n'aurait du mal à vivre avec son corps, puisque tout le monde n'en aurait rien à foutre et serait dans un esprit d'acceptation. Et si les soucis que nous avons avec nos corps venaient des autres, de leurs non acceptation de nous, alors la solution n'est pas dans la chirurgie de façon véritable, mais dans l'urgence de changer vraiment les mentalités. Il ne s'agit pas d'aimer forcément tous les corps parce que ce n'est pas possible, mais... De fermer sa gueule quand on aime pas, et même quand on aime d'ailleurs parce qu'on à pas à valider un corps, pour ne pas ruiner la vie des autres. Si l'acceptation et le respect règnent en maîtres, comment une non acceptation de soi, un mal-être, pourrait-il naître ?

Nous sommes des livres. On a le droit de pas aimer un livre. Mais on a pas le droit de vouloir l'abîmer. Si on aime pas un livre, bien qu'on le laisse. Juste ça. Qu'on le laisse. Tous les livres ont leurs places dans la grande bibliothèque qu'est notre monde. On a pas le droit de les déchirer. On a pas le droit de vouloir pousser un petit auteur à déchirer ses pages, les pages de son être, pour le forcer à les réécrire en fonction de nous. C'est monstrueux.

Pousser au désespoir est un crime contre l'humanité.

Posté par Angellyca à 20:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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