Quand tu réalises que tout fout le camp dans ta petite vie. Te regarder et te rendre compte que tu deviens ce joli petit phénomène de foire, que la société, une belle société de consommation, essai de faire de toi. 

J'ai pris un téléphone portable récemment. Un joli appareil, qui fait tout. Qui va partout. Et du coup, il allait vraiment partout. Même avec moi aux chiottes. 

Aux chiottes, dans la salle d'eau, dans mon lit même dernièrement, dans le train, toussa. Toujours avec moi. Lorsque je l'ai réalisé il y a peu, ça m'a profondément dérangée. Je me suis sentie très mal. Envahie. Esclave, privée de ma liberté. Privée de mon bien être même, d'équilibre. Encrassée.
J'ai perçu la gravité de la situation, car si ça ne parait pas bien méchant comme ça lorsqu'on le vit, je trouve qu'au contraire, c'est grave. Violent, même. Au point que je veuille stopper ça en me disant que sinon, ça s'aggraverait encore, alors que ça s'aggravait déjà avec la venue de ce nouveau portable, qu'à la base, je voulais surtout pour des raisons pratiques, que sont les accès aux réseaux sociaux pour mon travail. Sauf que ce sont de fausses bonnes raisons, selon moi. Tout peut se gérer par pc. Et en dehors de mon travail, je n'ai pas a être connectée, j'ai une vie. Pourtant, on se connecte tout le temps. Même en dehors du travail et ça dépasse le simple cadre de prendre des nouvelles des amis. Ça dépasse même le cadre du simple fait de vouloir se cultiver. 

Donc non : Ces téléphones portables derniers cris ne sont pas utiles. On essaie de vous faire croire qu'ils le sont, nuance.

Mais vous savez, je suis la seule coupable de cette situation, au final, et je ne blâme que moi. Car si certes cette société, qui pourrait et mériterait d'être blâmée, nous pousse à consommer comme des allumés et à être connectés H24, personne ne nous met de couteau sous la gorge. Personne n'est responsable de notre façon d'agir, à part nous même. L'influence, aussi forte soit-elle, ne nous prive pas de nos choix. J'ai conscience de la dureté de mes propos. Mais c'est une réalité, pourtant.

Je suis quelqu'un dont la remise en question fait partie du quotidien. J'ai trouvé effarant d'encourager les autres à prendre soin d'eux, à se libérer de leur entraves, à vivre véritablement, pour moi même être esclave d'un téléphone portable derrière. L'illogisme de mon attitude, de mon discours, m'ont vraiment choquée. Et je n'aime pas ça, l'illogisme.
Je me suis dit que c'était donc bien beau de causer, mais que je devais commencer par montrer l'exemple, être fidèle à ce que je dis, à ce que je m'acharne à véhiculer. Je me suis donc dit qu'en faire un article de blog serait une bonne idée, afin de parler de ça, de permettre à d'autres de réaliser qu'ils sont peut être pris, eux aussi, sans s'en apercevoir, dans les filets d'une technologie qui se veut de plus en plus envahissante, au mépris d'une réelle existence saine.
Une société qui veut vous faire croire que vous avez des besoins, et lorsque vous creusez, vous réalisez que ces besoins sont inventés de toutes pièces pour vous faire consommer, pour vous abrutir, mais ils n'existent pas. Ce n'est pas à la société de déterminer nos besoins, c'est à nous de le faire avec lucidité et de ne pas céder face à ces illusions de besoins, de nécessités. 

Je suis une femme qui a besoin d'énormément de calme. Pour des raisons de santé, et à cause de ma personnalité. Je ne peux pas être en présence de gens sans arrêt, que ce soit dans le réel ou sur le net. La solitude, l'isolement, sont des amis dont j'ai un besoin réel et vital.
Depuis quelques mois, je succède les périodes où je suis au plus mal. On pense toujours que se connecter va nous détendre, alors que c'est, en réalité, tout l'inverse qui se passe. Facebook n'est pas une source réelle de détente, les autres réseaux sociaux non plus. Mes connexions ne m'aident pas le moins du monde. 

Ce qui m'a aidé, c'est de me déconnecter, et je le fais de plus en plus. J'ai commencé par renoncer à ce portable super bien de la mort qui tue, qui va partout, même aux chiottes si tu le souhaites. Pour en revenir là.

Lâche ton portable ! - Blog Anamnesis

Mon vieux Samsung Galaxy S, à l'écran vachement plus petit que les nouveaux modèles, car plus ça va, plus on a des raquettes à se mettre à l'oreille, accompagné présentement de Toubisou, qui est d'ordinaire sur mon bureau. Ce portable est tellement obsolète qu'il va à peine sur Facebook et plante quand je veux voir une photo. Je peux installer Twitter mais je ne l'ai pas fait, tout comme je n'ai pas installé Instagram, qui de toute façon, dans mes souvenirs, ne s'ouvrait plus. Tant mieux.
Il me convient parce qu'au final... Il fait juste téléphone. Ce qui est, tout de même, on le rappelle, le but véritable d'un téléphone. Il est pas sensé faire le café et les brushing le bordel.
Je peux avoir des jolies photos de ma Choupinette à Couettes en fond d'écran, je peux aussi immortaliser des moments quand on sort toutes les deux. 
Ça a changer ma vie, de reprendre ce téléphone, que du coup.... Je n'allume même plus, sauf quand je sors et je le regarde à peine une fois dehors, sauf pour lire l'heure, lire et répondre aux SMS de ma fille. Il est dans le fond de mon sac et il dort. Je sors donc aujourd'hui de façon systématique avec un livre ou ma liseuse, et j'ai bien entendu ma musique avec mon Ipod qui date de 15 ans. J'ai une jolie liseuse, plein de livres, et je passais, lorsque j'étais dans le train ou le bus, mon temps sur les réseaux sociaux. Du gâchis. 

Lâche ton téléphone
Unis par les liens sacrés de la Lecture, par Toubisou en personne.

En dehors du travail, je me connecte de moins en moins, parce qu'encore trop à mon goût, même si mes connexions sont bien moins fréquentes et de plus en plus courtes. 
Je gère mon instagram pro depuis mon pc. Je ne partage que par vagues, car là aussi, et ce depuis le début de l'existence de ce compte, je m'applique à ne partager qu'avec sincérité. Mes instagram persos n'ont même plus lieu d'être puisque je ne partage plus de photos via mon téléphone, ou alors postées directement sur FB, et comme ça me gonfle, je ne le fais que peu. Je préfère à la limite partager des photos faites avec mon Nikon, parce que ce sont des photos que j'ai vraiment aimé prendre, et que par voie de conséquence, je prends plus de plaisir à partager, parce que ce sont des moments où je me suis sentie bien.
Partager une jolie photo qu'on a pris soin de prendre, ce n'est pas que partager l'image, c'est, pour moi en tout cas, partager tout un moment que j'ai vécu, le bonheur que l'instant ma procuré, c'est un tout véritable que je veux donner.
Sur mes instagram personnels, il ne s'agissait plus de ça. C'était devenu mécanique, un geste "normal", sans réel affection ou même envie. Banal. Vide. Je rapportais chaque moments vécus sur FB, et même là, je réalise que je n'en avais pas nécessairement envie, et que ça n'a fait même que m'apporter davantage de stress et de fatigue émotionnelle. Et ça m'effraie, parce que je ne suis pas ce type de personne. Je déteste le manque d'authenticité. Je ne supporte pas de renvoyer autre chose que ce que je suis en profondeur.

Aujourd'hui, beaucoup de gens ne partagent plus par affection, passion réelle, tendresse, envie de communiquer basée sur quelque chose de sain. Les gens veulent être vus. Ils veulent être connus. Ils ont besoin d'être suivis, qu'on les admire, qu'on les aime. Sauf que tout ça, à mes yeux, c'est pas de l'affection, encore moins de la passion, ça n'est pas de vrais partages. Ça n'a rien de réaliste et de profond. C'est virtuel. Plastique. C'est un mécanisme froid guidé par l'intérêt, voire des soucis sur le plan émotionnel. Tout ça n'a rien à voir avec moi, toute petite moi que je suis. 

Je suis en réalité, quelqu'un de réservé et de discret. Ma vie, c'est mon cocoon, mon trésor, mon nid douillet. J'ai besoin de la préserver. Je n'aime pas qu'on me voit alors que ça n'est pas nécessaire. Je ne partage qu'une photo de moi tous les 5 ans et ça tient déjà du miracle. Je pourrais pourtant partager des photos de moi avec mes gros nibards et croyez moi que mon nombre de clients augmenterait fissa. Mais ça n'a rien à voir avec moi. Je préfère travailler avec passion, véritablement, en étant ce que je suis, même si je ne me facilite pas la tâche. C'est une chose dont j'ai parfaitement conscience, que j'accepte, assume totalement, et je ne me plains pas. Je vais peut être vous choquer, mais pour moi c'est une forme de prostitution, et je refuse ça en bloc. Je n'ai pas besoin de ça.  Mon image est une chose dont je prends grand soin, car elle doit représenter uniquement ce que je suis, et rien d'autre. Et je suis une grosse tête de con asociale, qui a besoin et aime aider ceux qui en ont besoin. 
Je n'aime pas partager si je n'en ai pas envie. Je n'aime pas parler si je n'en ai pas envie. Je ne souris pas si je n'en ai pas envie. Je ne suis pas gentille si je n'en ai pas envie. Je suis une femme qui a besoin de ressentir les choses en profondeur, pour de vrai. Je ne suis plus capable de me forcer, désormais. Je ne le pouvais déjà pas, mais c'est encore pire aujourd'hui. Je n'ai plus la force pour ça, parce qu'être soi en demande déjà, dans ce monde gouverné par la superficialité et l'intérêt. 

Je me détends beaucoup plus facilement. Internet est une véritable source de stress, et même de colère. Les gens y viennent souvent pour y vomir leur haine de l'autre, leurs jugements nauséabonds sur la vie des autres, avec cette volonté de dominer absolument, quitte a faire mal ou/et détruire.  Je m'éloigne désormais de tout ça, je partage moins mais je partage mieux et surtout avec envie, je lis moins mais je lis mieux, je ne prête plus attention à tout, et ça m'a énormément apaisée, en plus de me libérer encore du temps pour faire ce que j'ai envie véritablement. 

Nous ne sommes pas obligés de répondre à cet appel à la surconsommation. Ni même à passer notre vie sur le net. Je trouve que nos vies au final, manque cruellement de vie. Et ça ne va pas en s'arrangeant. A mes yeux, la vie concrète ne doit pas être secondaire par rapport à celle du net. La vie virtuelle, ne doit être qu'un petit plus qui doit avoir des limites fermes, et servir au travail, pour ceux qui en dépendent et là encore, des limites sont à fixer. 

Je suis une fille presque normale maintenant. Oui presque. Faut pas déconner non plus. Image hébergée par servimg.com