Un samedi soir, le silence, l'odeur de la Terre que la pluie et le soir font remonter. L'envie de papoter un peu sur le blog...

Dans l'un des précédents articles (ici), je parlais de mon addiction à mon téléphone portable. J'avais pris la décision de rompre avec ça, de reprendre une vie plus saine, loin de ce portable qui vous proposera bientôt de faire votre café. J'avais repris mon Samsung Galaxy S, qui, ultra super obsolète, allait à peine sur FB et messenger. 

La progression a été assez inattendue pour moi. Je ne pensais pas que je me détacherais de tout si facilement et surtout, à ce point là. J'ai été stupéfaite, un jour, de réaliser que je n'avais pas allumé mon téléphone depuis plus d'une semaine, et pire : Je ne savais même pas où je l'avais laissé. Je l'ai retrouvé dans mon sac à main, batterie déchargée, pour l'avoir oublié là, sans prendre la peine de l'éteindre. 

Il y a quelques jours, j'ai eu une autre surprise. Le tactile de mon Samsung a rendu l'âme. Plus de Galaxy S, donc. J'ai dû reprendre mon Motorola Gleam+, acheté il y a quelques années, un coup de coeur, après que mon portable du moment ait montré des signes de faiblesse. 
La surprise pour moi a été de m'apperçevoir que je n'avais pas la moindre envie et encore moins le besoin d'avoir un nouveau smartphone, ou autre téléphone avec des fonctions dont je me fous, désormais. 

- Un GPS : Merci, je sais lire une carte, et me dirige mieux que mes ex avec leurs gadgets, qui ne les rend pas plus habiles sur une route, bien au contraire. Ils se plantent, mais c'est de la faute à la moche dans la boîte, c'est plus pratique. Vous en faites pas messieurs, on à les mêmes modèles chez les gonzesses, et elles m'emmerdent tout autant. Et si ça marche pas pour de vrai, raison de plus pour essayer autre chose. 
- Les réseaux sociaux : J'ai un pc et je n'ai pas a être connectée H24 une fois ma journée terminée. Je n'ai pas à poster des photos ou des statuts sur tout ce que je fais. J'ai besoin de mon cocoon, de ma vie à moi. Un moment passé ne se récupère pas. En profiter pleinement est essentiel, et que les autres le voient n'est en rien important. Ce qui compte, c'est ce qu'on éprouve. Se réapproprier son existence. Remettre les choses à leurs places. Profiter du moment, des gens qui sont là pour le partager. Ils ne sont pas éternels. Nous non plus. 
- les applis : SNCF, toussa.... Ils ont des horaires papiers. Point. Pas besoin, donc. Il y a des guichets avec des gens dedans aussi. Une interaction sociale. Parler avec un humain, même si il est dans un bocal. Surtout si il est dans un bocal. Pitié, parlez lui. Et correctement, surtout.
C'est idiot dit comme ça, mais quand on y pense, ça ne l'est absolument pas. On a oublié. On a oublié que nous sommes des humains, et que nous avons, par conséquent, besoin de vivre un minimum en communauté sinon ça va mal. Une interaction sociale, même courte, avec quelqu'un de poli qui vous sourit. Vous savez que ça peut changer une journée de merde en une bonne journée ? Et vous savez que ce petit truc, qui n'a plus l'air de rien, est en réalité important, pour sa santé mentale et même la notre ? Pourquoi aller sur un spmartphone qui fait de nous un zombie lobotomisé au delà de l'asocial, alors qu'on peut parler à quelqu'un et en retirer quelque chose de potentiellement positif, pour eux comme pour nous ? 

Se démerder avec ses 10 doigts et sa cervelle, en clair. Être une personne. Vivre dans le concret. Considérer les autres comme des personnes et pas comme des trucs, dont l'efficacité, la nécessité, peuvent être remplacés par une appli. C'est atroce. Cette simple idée me choque, maintenant que je la réalise. Stopper cet isolement progressif, sournois et incroyablement néfaste. Pour nous et les autres.
Tout ça, ce n'est pas une avancée. C'est une régression. Ça n'est pas de la communication réelle, en aucun cas. Tous ensemble en un même endroit, tous connectés... Mais tellement indifférents et désunis. 

Donc :

Motorola_Gleam____Blog_Anamnesis
(Si, les garçons ça sent mauvais et c'est stupide. Parole de fille.)

Mon Motorola, que je prends un immense plaisir à ne pas utiliser. C'est juste un téléphone. Et je ne téléphone quasiment pas. Il est joli, j'adore les portables à clapets qui ont toujours été mes préférés, avec le Nokia 3310, que j'ai d'ailleurs aussi en stock. J'en ai un autre, de portable à clapet, mais je ne sais plus comment il s'appelle. Si mon Motorola m'abandonne, je ne serais pas perdue. Son animation LED toute choute, j'ai choisi le coeur parmi toutes celles proposées. Parce que c'est chou, un coeur. Avec ma pochette de téléphone préférée. Si, ça pue un garçon D'ABORD. 
Accessoirement, je redécouvre les joies d'une batterie qui dure plus d'une journée.

Les joies de la lecture dans les trains et les bus, en plus de la maison.

Joyland___Stephen_King___Blog_Anamnesis
(Stephen King, c'est Dieu.)

Je reprends Joyland avec lequel j'ai tant de mal. Attendre la page 263 pour commencer à enfin trouver le livre intéressant, c'est long. Le soucis n'est pas l'écriture, c'est un très bon King. Seulement, l'histoire, bien que sympathique, ne me retient pas. Ça commence un peu, j'espère avoir une fin qui me fera dire que ça en valait la peine, ces 263 pages où je me suis fais presque chier. 

Reprendre les livres dans les trains. En plus de ma liseuse et de ma musique. Mes livres s'abîment dans mon sac, le pauvre Joyland porte des traces de voyages. J'ai donc fouillé mes placards et j'ai retrouvé un sac à main de fille, qui peut justement contenir un livre de poche. Je vais donc le reprendre uniquement pour ça, afin de garder mes livres impeccables, en dehors de mon foutoir de fille. C'est le seul truc véritable de gonzesse que j'ai. Un sac à main dans lequel règne un bordel inégalable. Un bordel propre, ça j'y tiens, mais un bordel quand même. Une chatte ne retrouverait pas ses petits là dedans. Je ne retrouve déjà pas mes clés.... 
Il va falloir que j'achète un truc pour transporter les gros livres. 

Reprendre ma vie de fille rêveuse et liseuse bordélique, qui parle à l'agent SNCF dans son bocal. Avoir mes plans et mes horaires papiers dans mon bordel portatif. Laisser les réseaux sociaux pour ce qu'ils sont, à leurs places. 

Me réapproprier ma vie. 

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