Parfois, la vie est curieuse. Devoir aller quelque part et décider de changer de chemin brusquement.... Avec une lointaine sensation que là maintenant, il ne faut pas passer par là.

Puis je l'ai vue, la petite hirondelle. Sur le trottoir, ce qui n'est pas très habituel. C'est encore plus étrange, lorsque vous vous rendez compte que vous avancez, vraiment très près d'elle, et qu'elle ne s'envole pas. 

Je suis allée jeter ce que je voulais jeter dans ma poubelle, le plus vite que j'ai pu. Et me voilà en plein milieu de la route, à essayer de choper la petite hirondelle qui tentait de voler sans le pouvoir, et qui ne pouvait que raser le sol. En me hurlant dessus. A chaque fois que j'ai tenté de la prendre, je pense que j'ai pris une volée de jurons en langue hirondelle. Alors je me suis contentée de la guider, en faisant parfois des cercles au milieu de la route. Il fallait bien qu'elle en sorte le plus vite possible, de cette route, incapable de voler qu'elle était. Elle se serait fait écraser et il n'en était pas question. D'autres hirondelles volaient autour de nous, et passaient très près d'elle.

Ce jour là, était le pire de la canicule. Jeudi, il y avait dans ma région 41 degrés. C'était irrespirable. Rien d'étonnant à ce qu'elle aille mal.  

Lorsque j'ai pu l'amener sur le trottoir, il a fallu que je la prenne, ce que j'ai pu faire malgré les jurons en hirondelle. J'en ai rarement pris autant plein la gueule en si peu de temps, dans une langue étrangère. Mais curieusement, une fois dans ma main, elle s'est calmée et ne voulait plus en descendre. Elle devait sentir que je ne lui ferait pas de mal. C'était tout mignon, ce petit être tout fragile, qui me faisait confiance. 

Je vis en contrebas, il faut descendre un escalier en pierres pour être à ma porte. Je mets les oiseaux là. Ils peuvent être à l'abri, et à l'ombre, le soleil ne tape jamais ici. Je l'ai donc mise là, et je lui ai mis beaucoup d'eau. Je ne pouvais rien faire de plus. Il y a de l'eau chez moi, dans des coupelles, au bord de la fenêtre et dans les escaliers. Ça aide les oiseaux, d'avoir des points d'eau.

La nuit est passée, la température a baissé, et ça semblait l'apaiser. Le lendemain, la pluie est tombée, tout s'est rafraîchi, il faisait à peine 20 degrés. Je l'ai vu aller dans le récipient d'eau à plusieurs reprises. J'en ai rajouté deux fois. 

Puis, elle s'est remise à brailler. Je me suis mise derrière les vitres de la porte, avec la Choupinette à Couettes, qui s'inquiétait aussi pour elle. Elle piaillait tant qu'on voyait tout l'intérieur de son bec. Les autres hirondelles ont recommencés à venir près d'elle. 

Puis, gentiment, elle a grimpé les trois grosses marches en pierres. Pour la première, elle s'y est reprise à deux fois. Mais après, ça a été plus facile. Et une fois en haut, elle est partie, en volant. Avec la Choupinette à Couettes, on ressemblait à deux pom-pom girls qui chuchotaient des encouragements... Ça nous a fait tellement plaisir de la voir partir avec son groupe. C'est une chose qui sincèrement, a illuminé notre journée. 

Il faisait trop chaud. Elle était dans cet état parce qu'elle n'a pas supporté. Il a juste fallut du frai et de l'eau pour qu'elle reparte avec les siens.
Les associations de protection des animaux ne cessent de le dire : Pensez à laisser des petites coupelles d'eau lors des canicules. C'est parce qu'ils le recommandent que je le fais. C'est très dur pour les oiseaux et autres petits animaux. Si tout le monde mets des petites coupelles d'eau, ça fait des millions de points d'eau partout pour eux, et ça les aident.  

Je garde ce joli souvenir de la voir monter les marches et partir. Parfois, changer de route à du bon.....