Une tisane, de l'encens et... Un confinement. 

Hier, samedi, j'ai fais du shopping nécessaire (faut bien racheter des fringues parfois) une dernière fois. Sortie avec la Mouflette à Couettes, passage à la Brioche Dorée, goûté chocolaté et plein de chantilly pour elle, thé sans sucre pour moi. On ne touche personne, presque rien et dès qu'on touche, on prend son gel et on se tartine les mains. Je lui disais, à la Mouflette à Couettes, qu'après ça, on ne sortirait plus du tout, alors qu'on ne sortait déjà quasiment plus. Mais là, ça devenait plus sévère, toutes les écoles de France étaient fermées, dans l'intérêt de tous. Qu'il ne fallait pas avoir peur, mais être sage. Organiser nos vies, une vie différente pour quelques temps. Une vie qui sera faite de travail et d'activités uniquement à la maison. Rien de nouveau pour moi, mais il faut organiser le sien, puisque le collège ne lui est plus accessible. 

Ce n'est pas évident d'expliquer aux enfants que désormais, les potes, ce sera des lives sur le net. Désormais moi seule m'aventurerai en courses, quand ce sera nécessaire, que je ne traînerai pas, que j'irai le plus près de la maison possible, le matin tôt pour croiser moins de monde et surtout, parce que le reste de la journée sera consacrée au travail, le mien et le sien.  J'ai senti et vu de la tristesse sur son visage, mais surtout de l'inquietude, pour moi, pour tout. Ça n'a pas duré. Il ne fallait pas que ça dure. On ne pouvait pas démarrer un isolement comme ça.

On vit à une époque où le confinement est plus supportable que par le passé. C'est sûr que ne pas sortir est frustrant et que sur le long terme, ça va même prodigieusement peser. Mais à la maison et dans la plupart d'entre elles, il y a livres, DVD, musique, internet, consoles de jeux, jeux de société, Netflix et Prime Vidéo. Je n'oublie évidemment pas les maisons très modestes pour qui tout ceci ne fait pas partie du quotidien et j'ose espérer que le nécessaire sera fait pour permettre à ceux qui en ont besoin de passer ce temps isolé de la meilleure des façons. Bien que je ne sache pas comment.... 

Puis, le soir, après cet après midi fait d'achats utiles parce que ne plus avoir de culottes et de soutifs peut tout de même s'avérer très problématique pour les nanas que nous sommes, l'information est tombée : Tout va fermer. Tout ce qui n'est pas utile à la vie du pays. Et il faut vraiment rester à la casa. Ce n'est plus un confinement sage effectué pour s'apargner nous et les autres sous le coup d'une recommandation, c'est une décision grave d'un gouvernement qui agit en fonction de ce que la science dit. Je ne parlerai pas du gouvernement, parce que je m'en fous. Intérêt, pas d'intérêts... J'ai pas envie de traiter de ça. 

Ce qui m'a effrayé, même révoltée, c'est les injonctions et autres critiques ou insultes à l'égard de ceux qui n'ont pas été voter aujourd'hui. A ceux-là : Je n'y suis pas allée et je vous emmerde cordialement.
L'important c'est la vie, désormais. La mienne, celle de ma fille, la votre, celle de nos enfants, de nos aînés. Les municipales je m'en cogne, ça peut attendre. On parle de rester en vie, là, pas d'éviter un pauvre petit rhumounet. "Il faut faire barrage à la haine" disent certains, et j'approuve, sincèrement. Mais ce n'est pas entre 4 planches de sapin qu'on fait barrage à quoi que ce soit. Alors on sauve nos vies et après on verra. Gardez vos injonctions, pseudo-recommandations, vos principes à la con et laissez les gens sauver leurs vies. 

Je suis révoltée par la connerie démentielle d'une Michelle Laroque, qui se prend visiblement pour un médecin et dispense ses recommandations délirantes en terme de soins pour le Coronavirus, s'offrant même le luxe d'ironiser sur sa gravité. La connerie d'une Enora Malagré (en même temps avec elle, on a un peu l'habitude, me direz-vous, on ne bosse pas chez Hanouna quand on est intelligent, c'est un signe assez révélateur...), qui nous emmerde prodigieusement depuis des mois avec son endométriose, réclamant compassion et compréhension, pour venir chialer sur l'annulation, selon elle ridicule, d'évènements qui lui rapporteraient du fric, alors que... Des gens meurent en ce moment, d'avoir été à ce types d'évènements, parce que le gouvernement n'a pas pris de mesures radicales assez tôt pour ralentir drastiquement la propagation du Coronavirus (ah si, finalement, j'en parle).
Comprenez moi bien, l'endométriose, je compatis. Je souffre moi-même beaucoup dans ce domaine, je ne suis pas en train de dire qu'elle a tort d'en parler. Je ne dirais jamais à une femme, ni même à un homme, de taire ses douleurs. Jamais. Bien au contraire, je vous encourage à parler et à ne jamais vous taire. Mais réclamer de l'attention, faire pleurer dans les chaumières en parlant de ses douleurs, réclamer compréhension et compassion, pour ensuite expliquer plus ou moins clairement que les autres peuvent bien crever la gueule ouverte parce que madame voudrait continuer de gagner sa vie, c'est écoeurant. 

Je suis écoeurée par l'égoïsme de beaucoup. Ces gens qui dévalisent les magasins, qui mettent donc à mal les gens les plus fragiles, comme nos aînés qui n'ont personne pour les aider, qui viennent faire leur courses et ne trouvent rien, parce que vous avez chez vous, désormais, 90 rouleaux de PQ. La pénurie n'arrivera pas, car les magasins continuent de recevoir les marchandises. Vous aurez toujours de quoi remplir vos placards et vous torcher le cul, c'est la chance que nous avons dans notre pays, celui de ne pas risquer de pénuries. De plus, le savon et l'eau existe, limite on peut clairement se passer du PQ si on le veut. Si jamais on venait à manquer, on a des solutions, comme se laver, bande de crados attardés.
Faires des courses pour le confinement, je comprends, on doit éviter de sortir donc ça trouve son sens, mais jamais ça ne nécessitera ni ne justifiera les caddies que j'ai pus voir. J'avais juste envie de vous casser la gueule, très sincèrement. 

Ces gens qui se sont rendus dans les bars pour le dernier soir en mode rebelle de la mort qui tue 666, bars qui ont refusés de fermer à minuit parce que pas plus intelligents que leurs clients, ceux qui aujourd'hui étaient en masse dans des parcs, avec le discours de guignols qui se moquent de mourir, à la rigueur, qu'ils crèvent puisqu'ils le veulent. Mais les autres ? Ceux avec qui cette bande gigantesque d'abrutis sont en contact ? Les aînés, les gens fragilisés, les enfants, les hommes et femmes même en bonne santé qui risquent de ne plus l'être à cause de vous, ces gens qui eux, veulent vivre ? Ça vous écorcherait la gueule de penser à eux ? Visiblement oui. Peut être que vous méritez de mourir les premiers, finalement, puisque tuer les autres vous dérangent si peu. J'ai horreur de dire ça. C'est monstrueux. Je le sais pertinemment. Ne me laissez pas de commentaires pour m'expliquer la violence de mes mots, je sais ce qu'ils sont. Mais être si égoïstes, condamner des gens à mort juste parce qu'on est trop con et qu'on veut jouer les rebelles, j'ai du mal à contenir ma colère et à avoir un discours mesuré. 
Vous n'êtes pas des rebelles. Vous n'êtes pas des forts. Vous n'êtes pas courageux. Vous êtes juste cons. 

La panique n'est pas utile. La sagesse l'est, en revanche. Nous vivons une période où la bienveillance doit prendre le dessus. Ne pas piller les magasins pour que chacun se sentent en sécurité, sentent qu'ils peuvent trouver ce dont ils ont besoin quand ils se rendent au supermarché. Qu'ils sentent que leurs prochains ne sont pas de gros connards égoïstes. Nous avons besoin de sentir que nous sommes un monde qui fonctionne, qui sait écouter, compatir. 
Et contrairement aux conneries que j'ai pu lire sur Twitter, la bienveillance n'existe, présentement, nulle part. Je ne sais pas quelle drogue ont sniffés ceux qui trouvent que des élans d'humanité sont visibles partout, que la chaleur humaine se propage, que les mains envers nos prochains se tendent (les stocks de rouleaux de PQ parlent pour moi...). On vit clairement une période qui révèle la nature humaine, et elle est, en réalité,  encore plus sombre et crasse qu'on ne pouvait le penser. 
Je le savais déjà, mais le voir comme ça reste choquant. Je vous le dit sincèrement, je n'ai aucun espoir concernant l'humain. Pourtant, mon côté utopiste reste et je continue de me dire "peut être que", parfois. Mais plus le temps passe, plus l'homme me montre que j'ai tort. Mon côté utopiste se tire pour laisser place à une réalité qui ne me fait même plus mal quand j'y pense. J'en souffrais à une époque, mais plus aujourd'hui. Je regarde l'humain provoquer sa perte et je me dis que finalement, il ne mérite pas mieux que de disparaître. Mais, peut être que la gravité de la situation à venir, car elle va encore s'aggraver, réveillera ce qu'il y a de meilleur en l'homme et le poussera à prendre un virage à 180. Peut être que c'est enfin le moment de devenir autre chose, de démarrer la construction d'un autre monde. Mais, malgré toute la bienveillance et la douceur que j'applique, que je continue et continuerai de manifester jusqu'à ma mort, malgré que j'élève ma fille dans l'idée de ne jamais traiter les autres comme certains le font, je n'y crois absolument plus. Alors pourquoi je continue ? Pour ne pas devenir ce qui me fait vomir. 

Pensez à vous, à vos proches, puisque la majorité ne le fera pas, et restez chez vous.

En écoute : Body Count feat Amy Lee - When I'm Gone